La fin d’Oslo – Commission Palestine, Proche, Moyen-Orient et Maghreb d’Ensemble !

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Avec la décision de Trump de transférer l’ambassade étatsunienne à Jérusalem le processus d’Oslo est définitivement mort.

La décision de Trump de transférer l’ambassade étatsunienne à Jérusalem reconnue de facto comme capitale une et indivisible de l’état d’Israël signe la fin de la prétendue « neutralité » des États Unis dans le conflit israélo-palestinien et les déqualifie comme « arbitre » des « négociations » de paix. « négociations » qui n’ont arrêté ni la colonisation qui de rampante est devenue ouvertement massive ni fait annuler l’annexion de Jérusalem-Est accompagnée de l’expropriation progressive des logements des Palestiniens.

Cette décision s’inscrit dans un contexte régional et international défavorable à la cause palestinienne. On sait depuis « Septembre Noir » que les États Arabes ne voient pas nécessairement d’un bon œil la cause palestinienne derrière des déclarations de principe. Ce qui est nouveau, c’est la participation effective de l’Égypte au blocus de Gaza, et surtout la reconfiguration des alliances avec la constitution d’un axe Israël / États-Unis/ Arabie Saoudite dirigé contre l’Iran, et la guerre de coalition au Yémen, et, enfin, la situation en Syrie, avec un certain retour du « grand jeu » Russie États-Unis. Il convient, par contre, de noter le vote au Conseil de Sécurité de l’ONU isolant les États-Unis  sur la question de Jérusalem-Est, mais ceci ne peut pas masquer l’aggravation continue de la situation pour les Palestiniens.

En Cisjordanie l’armée israélienne se permet des incursions à n’importe quel instant dans n’importe quel point des territoires.  Il y a un développement des colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie qui prennent de plus en plus le contrôle des terres, et, aussi et surtout, de l’eau. Gaza est devenu une vaste « prison » à ciel ouvert, certains diront même un ghetto.

Le processus né à l’issue d’Oslo visant à la création aux côtés d’Israël d’un état palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale avait soulevé des espoirs même si dès l’origine une partie des Palestiniens y était très dubitatif voire hostile. Mais force a été de constater que les gouvernements successifs israéliens ont continué à mener des politiques contraires aux accords. Au total on est obligé de prendre acte que loin de créer des conditions favorables à la création d’un état palestinien, Oslo n’a fait que couvrir l’avancée vers un bantoustan palestinien fait de confettis de plus en plus isolés, prélude même pour certains ministres du gouvernement Netanyahou à l’annexion pure et simple de « la Judée et Samarie ».  Au sein même d’Israël, Bédouins, Druzes et Arabes Israéliens subissent leur lot de discriminations, voire de démantèlement d’habitats.

Aujourd’hui le processus « d’Oslo est mort » comme le reconnaissent de nombreux commentateurs et militants palestiniens y compris Mahmoud Abbas qui a fini par l’admettre lors de la dernière réunion du Conseil palestinien.

En l’état, le gouvernement Israélien accentue la colonisation, augmente la répression contre le mouvement palestinien, utilisant tous les textes législatifs militaires hérités du mandat britannique pour arrêter et emprisonner y compris des enfants. Le cas d’Ahed Tamimi, mineure accusée de mettre en cause avec une gifle la sécurité d’un pays doté de la 5ème armée du monde, puissance nucléaire, et à ce titre passible de plusieurs années d’emprisonnement et actuellement en détention militaire, est exemplaire. Comme l’est l’incarcération de Salah Hamouri, ressortissant franco-palestinien. Au total, des milliers de prisonniers souvent en simple rétention administrative donc sans jugement croupissent dans les geôles israéliennes, dont des centaines d’enfants.
Dans ce cadre, le relatif silence du gouvernement français sur Salah Hamouri,  son mutisme sur Ahed Tamimi, symbolisent sa complicité objective avec la politique de Netanyahou.  En témoignent aussi la criminalisation de l’antisionisme assimilé à l’antisémitisme, et les poursuites engagées contre BDS.

L’action de BDS doit se développer. Elle prend tout son sens quand se met en place un régime d’apartheid, de ghettoïsation et d’isolement des territoires palestiniens, de plus en plus réduits et morcelés.

Le débat s’engage au sein de la communauté palestinienne sur la pertinence d’une solution à deux États versus une solution à un État unique ou un État Fédéral. Ensemble doit réaffirmer que si ce débat est légitime dans la situation créée après l’échec d’Oslo, un État unique ne pourrait se concevoir qu’avec une égalité des droits entre toutes et tous et non être un état d’apartheid avec écrasement d’une nationalité par l’autre.

Pour Ensemble la reconnaissance du fait national palestinien doit demeurer un objectif, tout comme doivent rester dénoncées les annexions territoriales, en premier lieu Jérusalem-Est, et l’extension des colonies. Ensemble réaffirme par ailleurs que la région doit être  dénucléarisée. Enfin Ensemble renouvelle son soutien et son implication dans la campagne BDS, dont les réactions du gouvernement israélien montrent bien l’efficacité et son soutien à la  campagne pour la suspension de l’accord d’association économique entre Israël et l’Union européenne.

Liberté pour les prisonniers politiques palestiniens!
Droit des Palestiniens à l’indépendance !
Fin de l’occupation, de la colonisation !
Boycott du système d’apartheid

Commission Palestine Proche, Moyen-Orient & Maghreb

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