Communiqué d’Ensemble ! – Non au coup d’état d’Erdogan ! Solidarité avec le HDP !

Le parlement turc a voté une réforme constitutionnelle permettant la levée de l’immunité des députés HDP, ouvrant la voie aux condamnations à venir des députés du HDP (Parti démocratique des peuples) par une justice  sous la houlette du pouvoir autoritaire du président Erdogan.

Ces condamnations signifieront la fin de toute apparence même de démocratie parlementaire en Turquie et la fermeture de tout espace politique significatif pour le mouvement kurde, les forces révolutionnaires et démocratiques. Le gouvernement turc est résolument engagé dans la voie de la guerre civile dont il porte la responsabilité et d’une sanglante fuite en avant.

Les gouvernements européens, le gouvernement français, portent une lourde responsabilité dans cette évolution en ayant conforté le régime d’Erdogan à chaque étape, en particulier à travers l’odieux marchandage pour le refoulement des migrants en Turquie.

Les félicitations des dirigeants français à Erdogan et ses acolytes ont aujourd’hui un écho macabre. F. Hollande , vous ne pouvez pas traiter le gouvernement Erdogan comme s’il était démocratique. Ce crétinisme cynique doit prendre fin ! Les marchandages avec Erdogan sur le dos des migrants doivent immédiatement prendre fin ! Tout doit être mis en œuvre contre la mise hors-la-loi du HDP et de ses élus!

Face au régime d’Erdogan et à ses complices gouvernementaux en Europe, « Ensemble! » adresse toute sa solidarité à nos camarades du HDP qui ont refusé de se mettre à genoux.

Le 20 mai 2016.

Colonialisme, néocolonialisme et balkanisation : les trois âges d’une domination – Saïd Bouamama

Article paru initialement sur le blog de Saïd Bouamama le 9 mai 2016.

Irak, Lybie, Soudan, Somalie, etc., la liste des nations éclatées en morceaux suite à une guerre et à une intervention militaire états-unienne et/ou européenne ne cesse de grandir. Au colonialisme direct d’un « premier âge » du capitalisme et au néocolonialisme d’un « second âge » semble succéder le « troisième âge » de la balkanisation. En parallèle, une mutation des formes du racisme peut être constatée. Au racisme biologique a succédé le racisme culturaliste après la seconde guerre mondiale et ce dernier tend depuis plusieurs décennies à se décliner à partir du religieux sous la forme dominante pour l’instant de l’islamophobie. Nous sommes, selon nous, en présence de trois historicités en articulation étroite : celle du système économique, celle des formes politiques de la domination et celle des idéologies de légitimation. (suite…)

Communiqué d’Ensemble ! – Brésil : soutien aux mobilisations

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Les secteurs les plus conservateurs de la société brésilienne ont remporté une victoire. Le Parlement et le Sénat ont voté la destitution de la présidente Dilma Rousseff pour six mois au mépris de la Constitution, alors qu’aucune preuve de « crime  de responsabilité » n’a été apportée.

Les représentants de l’oligarchie et du grand capital financier, pour beaucoup impliqués dans des affaires de corruption, ont utilisé les institutions pour provoquer la chute d’une présidente démocratiquement élue.

Comme au Honduras en 2009 et au Paraguay en 2012, les parlementaires ont réalisé un coup d’Etat institutionnel.

Le pays subit les effets de la chute des prix des matières premières et de la récession. Mais face à la crise économique qui frappe durement le Brésil, le gouvernement de Dilma Rousseff a mis en œuvre une politique d’austérité (gel des salaires dans le service public, coupes budgétaires dans le secteur de la santé et de l’éducation..) contraire à ses engagements électoraux. Cette politique a désorienté les secteurs populaires et facilité l’offensive de la droite.

“Ensemble!” condamne le gouvernement illégitime de Michel Temer, lié au capital financier et à l’agrobusiness, un gouvernement exclusivement masculin dont 11 des 22 ministres sont accusés de corruption .

“Ensemble!” est solidaire des jeunes et des salariéEs qui se mobilisent pour résister aux mesures anti-sociales des « putschistes parlementaires ».

Le 17 mai 2016

Grèce/Europe : Impasses et questions stratégiques – Contretemps n°29 – avril 2016

Par Bruno Della Sudda, Arthur Leduc, Richard Neuville*

Cet Article a été publié dans la revue ContreTemps n°29, avril 2016, p.128-137.

Á l’aune du désastre du 13 juillet et des résultats électoraux du 20 septembre, était-il justifié de tant espérer après la retentissante victoire électorale de Syriza en janvier 2015 ? Pour nous, c’est oui.

Et si l’on doit retenir un seul élément de justification d’une telle réponse, c’est bien la victoire éclatante du Non au référendum du 5 juillet, qui avait suscité mépris et effroi parmi les élites des pays membres de l’UE. (suite…)

Réussir le 28 avril et ses suites, jusqu’au retrait du projet de loi « travail »

Depuis début mars 2016, des centaines de milliers de jeunes, de salarié-es en CDI ou précaires, de retraité-es descendent dans la rue ou sur les places, en manifestation ou lors de Nuit debout. Avec le soutien de la majorité de la population, les deux tiers des personnes interrogées se prononçant pour le retrait du projet de loi « travail », qui remet en cause des décennies de conquêtes sociales. 28 avril, 1er Mai… Multiplions les manifestations et les grèves, jusqu’au retrait. (suite…)

Communiqué d’Ensemble ! 06 – OIN : mensonge et échec

logo image à la une Le mensonge est aujourd’hui patent : l'”Éco-Vallée” n’a d’écologique que le nom.

                La voie de 40 m, les zones commerciales – créées ou étendues – le transfert du MIN (Marché d’intérêt national) déplacé sur des terres agricoles pour laisser la place à un Palais des congrès, les endiguements forcenés du Var créant une artificialisation accrue du cours jusqu’en son delta : tout cela démontre combien Estrosi et la droite bétonnent la plaine du Var et se moquent complètement de la préservation des terres agricoles et des espaces naturels.

                Celles et ceux qui ont espéré qu’en donnant plus de pouvoir à l’État à travers une Opération “d’intérêt national” (OIN) la bétonisation serait évitée, en sont pour leurs frais.

L’échec de l’ambition affichée à la création de l’OIN est tout aussi flagrant.

                Où sont les “grandes entreprises” de “prestige international” qui devaient implanter leurs sièges sociaux au bord du Var ? Même les tentatives de débauchage de celles installées à Sophia-Antipolis ont échoué. L’OIN devait pourtant devenir, selon ses promoteurs, le cœur économique d’un vaste territoire méditerranéen s’étirant de Toulon à Gênes!

               Et, non content de réduire à néant la possibilité d’un vrai poumon vert à la porte de Nice, l’engouement bétonnifère des “aménageurs” aggrave les problèmes de déplacements. Leur seule réponse à ce jour comme solution à ce problème : l’affichage des dates de matches et de concerts sur les panneaux lumineux de l’A8 et de la voie rapide accompagné de ce conseil… “Prenez vos précautions”! Pourtant, les difficultés ne feront que s’aggraver à l’ouverture du MIN (en rive droite du Var) et de la zone commerciale “Ikea” du côté du stade.

                S’il est trop tard pour revenir en arrière sur ce qui a été déjà volé à la nature et à l’agriculture, exigeons de vraies mesures d’urgence pour les déplacements sans attendre la réalisation de la ligne 3 du tram, engageons la réflexion sur l’utilisation de la ligne des chemins de fer de Provence pour une desserte locale depuis le centre de Nice, avec passage en rive droite entre Nice et Carros, et sur les déplacements doux mis à mal dans l’enchevêtrement de multiples voiries routières et autoroutières.

            Il n’est pas trop tard pour réaffirmer qu’un autre aménagement, écologique, agricole et démocratique de la plaine du Var, c’est nécessaire et c’est possible !

Dimanche 13 mars 2016

Qu’est-il arrivé au printemps arabe, cinq ans après ? – Gilbert Achcar

Article publié le 17 décembre 2015 sur le site de la revue américaine Jacobin. Traduction A l’Encontre

Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Nada Matta

Nous atteignons le cinquième anniversaire du commencement des soulèvements arabes. Initiée en Tunisie le 17 décembre 2010, une vague révolutionnaire s’est répandue à travers le monde arabe. Des millions de personnes sont descendues dans les rues, exigeant la dignité, la démocratie et la justice sociale.

(suite…)

Fortifions le code du travail !

Sous ce quinquennat, les salariés ont perdu des droits. Nous n’accepterons pas que la loi El Khomri les réduise davantage.

Le projet El Khomri veut simplifier les licenciements pour favoriser les embauches ? Mais d’expérience on le sait, simplifier les licenciements simplifie juste les licenciements. Et gonfle les dividendes.

Depuis un siècle, le patronat dénonce ce «carcan» que serait le Code du Travail. «Vos lois sociales coulent une industrie déjà fragile», lançait en 1909 le sénateur Touron, président de l’Association de l’industrie et de l’agriculture françaises, à René Viviani, ministre socialiste du Travail, sous l’impulsion duquel fut écrit le premier Code. En 2006, Laurence Parisot eut ce cri du cœur : «La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail.»

Manuel Valls et François Hollande veulent alléger le Code du Travail. Pour quel profit ?

Contre le chômage ? Sous Nicolas Sarkozy, la mission Combrexelle a passé ce Code à l’acide, supprimant 1,5 million de signes, 500 lois. Un Code light va booster l’embauche, disait la droite. Il n’a créé aucun emploi. Car même l’OCDE le reconnaît : une législation protectrice des salariés n’influe pas sur la destruction ou la création de postes.

Dans ce pays, on ne parle jamais des salariés carbonisés au travail. Victimes innommables d’une guerre économique innommée. Mais chaque année, ce sont 500 accidents mortels au travail, 700 suicides, 650 000 accidents avec arrêts, 4500 handicapés directement liés au travail. Des chiffres ? Non, des vies. Renvoyées au chômage, à la précarité, à la misère. Ruinées. Invisibles. Méprisées.

Le code du travail n’est ni obèse ni illisible. Il permet déjà aux employeurs trop de dérogations défavorables aux salariés. Il n’est pas assez directif, pas assez contrôlé, assez appliqué : les agressions envers des agents de l’inspection du travail ont été multipliées par quatre en dix ans, les suites judiciaires données à leurs procès-verbaux sont en chute libre, les moyens alloués à l’inspection du travail sont continuellement restreints.

Les pistes de réforme du Code du travail, énoncées à ce jour, sont inacceptables.

Le référendum d’entreprise ? Il délégitime l’intervention syndicale. Il permet plus de pressions patronales, plus de chantages aux licenciements. Chez Smart, il aurait permis à la direction d’appliquer directement son projet de 39 heures payées 37. A la Fnac, il risque d’obliger au travail le dimanche.

Au-delà de 35 heures, les heures sup devront être «compensées» et non plus majorées de 25% comme aujourd’hui ? Emmanuel Macron dit la vérité: c’est la fin des 35 heures. A présent les syndicalistes partent sur la base de 25 % à 50 % de majoration des heures supplémentaires pour négocier. Quelle sera la «compensation» ? Nettement moins, à coup sûr.

Mme El Khomri projette d’augmenter par accord d’entreprise la durée du travail ? Ce sera donc travailler plus pour gagner moins. Son texte empile d’ailleurs les dispositions contre les salariés. Pour abaisser les indemnités de licenciement en cas de licenciement abusif, pour dissuader les salariés d’attaquer l’employeur aux Prud’hommes, pour l’obliger à revoir à la baisse ses conditions de travail, etc. Le projet El Khomri, c’est l’employeur-roi !

Mais ce que l’on sait du projet El Khomri n’est qu’un début. Tant d’autres pistes inquiètent. Car les rapports Combrexelle et Badinter sapent certains soubassements du droit du travail en réduisant leur champ d’application.

Le principe de faveur, par exemple. Il fixe qu’en cas de contradiction entre la loi, le contrat de travail ou une convention collective, la règle la plus favorable s’applique au salarié. M Combrexelle ne l’accepte que si «la loi n’en dispose pas autrement».

L’obligation de reclassement, qui pose qu’un employeur doit tout mettre en œuvre pour reclasser son salarié avant un licenciement économique. «Sauf dérogation prévue par la loi» rétorque le rapport Badinter. Ce qui crée pas mal de brèches : supprimer l’obligation de reclassement des licenciés pour motif économique et pour ceux rendus invalides, notamment.

Lisons l’article 13 de ce rapport : «Le contrat de travail est à durée indéterminée. Il ne peut être conclu pour une durée déterminée que dans les cas prévus par la loi.» N’est pas reprise la formulation en vigueur : le CDI est «la forme normale et générale de la relation de travail». Est-ce simple hasard ? N’est pas réaffirmé le garde-fou actuel aux dérogations : le CDD ne doit répondre qu’aux besoins temporaires de l’entreprise. Pourquoi cet oubli ? Quand le Medef rêve d’un recours sans frein aux CDD.

L’article 1 proclame : «les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise…» Mais il s’agit du Code du travail, non ? Alors pourquoi évoquer la «personne» et pas des salariés ? En droit, les mots comptent. Effacer les salariés, c’est ne parler ni des employeurs, ni des pouvoirs patronaux. C’est reproduire la philosophie libérale contractualiste, où le contrat de travail est accord pur des volontés pures entre personnes égales.

Cet article, d’ailleurs, place le bon fonctionnement de l’entreprise sur le même plan que les libertés fondamentales. Comme dans le traité de Lisbonne qui met au même rang la dignité des personnes, le droit de propriété et la liberté d’entreprise.

Dans la lettre installant la Commission Badinter, Manuel Valls déclare :«la double fonction assignée au droit du travail est de plus en plus mal remplie. Alors qu’il doit à la fois protéger les travailleurs et sécuriser les entreprises pour leur permettre de se développer…». Mais ce n’est pas là, et ce ne doit pas être, la mission du Code du travail.

Comme le stipule l’article L. 120-3, ce Code vise à borner le «lien de subordination juridique permanent à l’égard de l’employeur». Depuis 1910, et à chaque avancée sociale, il eut cette fonction. Le premier Code provient des résistances ouvrières. Aujourd’hui, les luttes des salariés visent souvent à renforcer cette barricade juridique qu’est le Code. Le rendre protecteur des entreprises, c’est écrire l’histoire à l’envers.

Ensemble, dans les mois qui viennent, nous allons défendre les droits des salariés et jeter les bases d’un Code du travail qui les protège.

Clémentine Autain (Ensemble) , Olivier Besancenot (NPA) , Eric COQUEREL (Parti de gauche) , Gérard Filoche (PS) , Willy Pelletier (Fondation Copernic) , Pierre Laurent (PCF) , Eric Beynel (Solidaires) , Fabrice Angei (CGT) , Noël Daucé (FSU).

Tribune parue sur Libération.fr

Stratégies des mouvements et projet d’émancipation – Gus Massiah

Article rédigé pour Le Monde Diplomatique, Brésil, Janvier 2016

Nous sommes dans une période de grands bouleversements et de très fortes incertitudes. Nous vivons probablement un changement de période dans lequel se crispent les anciennes tendances et s’amorcent de nouvelles. La citation de Gramsci est d’une grande actualité « le vieux monde se meurt ; le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Il faut à la fois lutter contre les monstres et construire le nouveau monde. Il n’y a pas de fatalité, ni dans le succès, ni dans l’échec. (suite…)

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