Texte d’orientation d’Ensemble ! – Pour une « Gauche Debout » !

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Poser les jalons d’une alternative écologique, solidaire et démocratique

1) Un mouvement inédit aux fortes exigences politiques

La situation politique est marquée par un retour sur le devant de la scène des mobilisations sociales : lutte contre la déchéance de nationalité, mouvement large et multiforme contre la loi « El Khomri », poursuite de la bataille contre le projet de Notre Dame des Landes dans la perspective du référendum local et développement des mouvements contre l’extractivisme. L’horizon ne se limite pas à la peur, au repli sur soi et à la concurrence de tous contre tous. Des énergies existent pour porter des exigences sociales, démocratiques et écologiques.

Le développement de la mobilisation contre la loi « El Khomri » en particulier a constitué un basculement de situation. Le rejet massif de ce projet s’est exprimé massivement sur les réseaux sociaux qui ont décuplé l’écho des initiatives (pétition en ligne, vidéos « on vaut mieux que ça »…). Le mouvement s’est développé en articulant des journées d’action des organisations syndicales opposées au projet de loi, un mouvement autonome de la jeunesse lycéenne et étudiante qui a été confronté à une répression policière brutale, des occupations de places à travers l’appel aux « Nuits Debout » qui se sont enracinées dans de nombreuses villes.

Cette articulation entre différents types de mobilisations, associant les organisations du mouvement ouvrier et de nouvelles formes d’action et de nouvelles générations qui se nourrissent et se renforcent les unes les autres, a un caractère inédit. Le mouvement est porteur de fortes exigences politiques. D’abord, en posant avec force la question du travail, de la précarité, de l’exclusion, des conditions de travail de plus en plus en difficiles, de l’exploitation patronale, il contribue à la reconstruction d’une conscience commune au monde du travail et à la jeunesse. Ensuite, par la force de l’exigence démocratique, exprimée notamment dans les assemblées des Nuits Debout, du refus de la confiscation de la parole, de la nécessité de réinventer de nouvelles formes démocratiques et de participation réelle à la vie collective. Cette situation est riche de nombreux espoirs, pour redonner du souffle à la question d’une alternative à la société actuelle.

À travers ce mouvement, des expériences s’accumulent, des évolutions se produisent, qui seront autant de forces motrices pour nourrir la reconstruction d’une alternative politique à laquelle nous voulons contribuer. Ce mouvement peut aussi fournir un cadre large pour l’élaboration et la défense d’une plate-forme de revendications à court et moyen termes aux élections locales, nationales et européennes.

2) Déconnexion du paysage politique, crise à gauche et espoir de reconstruction d’une alternative

Le mouvement social met en évidence la rupture entre les exigences populaires et la représentation politique actuelle. Depuis des années, l’abstention, le rejet des institutions avaient témoigné de l’ampleur de la crise démocratique qui travaille le pays. La politique de François Hollande depuis 2012, mise en œuvre par Jean-Marc Ayrault au nom de la compétitivité et de la réduction des déficits publics, puis amplifiée par Manuel Valls avec le « Pacte de Responsabilité », a représenté un véritable « adieu à la gauche » de la part du pouvoir en place. La proposition de déchéance de nationalité, inspirée de l’extrême droite, et le projet de loi Travail ont marqué la rupture pour des milliers d’hommes et de femmes de gauche avec François Hollande. Celui-ci a perdu sa majorité de gauche à l’Assemblée, il doit passer par le 49.3 ou par l’accord avec la droite pour faire adopter ses projets les plus contestés. C’est une crise de légitimité qui est ouverte. Le choc entre les exigences sociales et démocratiques de plus en plus fortes et cette politique provoque de forte tensions, et pourrait amener à des départs et des ruptures significatives dans et autour du PS.

Le projet de François Hollande, Manuel Valls et d’Emmanuel Macron est de recomposer la gauche en rupture avec ses racines historiques, de rendre possibles les alliances gouvernementales avec la droite, d’aller jusqu’au bout de la transformation du PS en parti centriste d’orientation libérale. Cette dérive droitière est celle que la majorité des partis sociaux-démocrates en Europe ont suivi, cherchant des alliances à droite pour accompagner la financiarisation et la mondialisation du capital, en opposition avec des politiques de régulation sociale que parfois appliquaient les gauches au pouvoir. François Hollande parie sur la tripartition du paysage politique, laquelle, face à la menace d’un nouveau 21 avril en 2017, obligerait à « l’unité » derrière le pouvoir en place et permettrait d’effacer le bilan du quinquennat. Mais, alors que les mouvements sociaux reviennent au premier plan, la nécessité d’une alternative de gauche aux politiques gouvernementales ne disparaît pas. C’est celle-ci qu’il faut construire pour permettre de redonner espoir à tou-tes celles et ceux qui aujourd’hui refusent de se résigner. L’année 2017 est une étape importante pour que se crée une dynamique de reconstruction d’un véritable front des forces militant pour une alternative de gauche. Le rassemblement auquel nous souhaitons contribuer suppose que nous menions avec détermination la lutte contre tous les racismes (racisme anti-rroms, islamophobie, racisme anti-noirs…) ainsi que l’antisémitisme et contre toutes les discriminations.

Ces questions sont d’autant plus vitales que les forces de droite et d’extrême droite sont aujourd’hui en position de force. Elles sont capables de polariser le débat politique, idéologique et culturel, en s’appuyant sur des mobilisations puissantes (Manif contre le mariage pour tous…). L’extrême droite menée par Marine Le Pen poursuit son enracinement et renforce sa position de « candidate au pouvoir ». La droite, traversée par de fortes divisions, réorganise ses forces, travaille à sélectionner son leadership, et pourra s’appuyer sur le bilan du quinquennat de Hollande pour poursuivre la mise en œuvre des contres réformes libérales et l’adaptation de la société française aux exigences du capital financier.

3) Les difficultés de l’alternative à gauche depuis 2012, trouver le chemin pour un rassembler toutes les énergies

Depuis 2012, face à la politique de Hollande, il a fallu du temps pour que le peuple de gauche sorte de la résignation, passe de la désorientation et de l’apathie à la résistance active. Les mobilisations et les résistances se sont retrouvées isolées et ont subi des défaites. Sur le terrain de l’alternative politique, malgré la réussite de plusieurs marches et manifestations massives (contre le Traité européen, l’austérité, la Vème République), malgré la présence de candidatures illustrant une opposition claire à la politique gouvernementale (législatives, cantonales, régionales, européennes), la dynamique du Front de gauche n’a pas été portée par un élan mobilisateur venant du mouvement social et il n’a pas réussi à élargir son rassemblement et à déboucher sur la constitution d’une nouvelle force à la hauteur du potentiel qui s’était exprimé et de l’espoir qu’il avait suscité.

L’épuisement du Front de gauche résulte essentiellement des contradictions entre ses partenaires, qui n’ont pas développé une stratégie cohérente pour sa construction. Le PCF revenant parfois à des alliances avec le PS aux municipales et n’envisageant pas l’émergence d’une nouvelle force politique, le PG s’aventurant vers des échappées unilatérales (M6R, « initiatives citoyennes » discutables…). Des logiques de rapports de force ont parfois dominé, et la tentation de rassembler autour de soi-même l’a souvent emporté sur la nécessité de créer un cadre et une dynamique collective permettant l’engagement citoyen. Enfin, le Front de gauche n’a pas réussi à apparaître porteur de l’espoir possible d’une autre société, ni d’alternatives crédibles à la politique gouvernementale. Pour sa part, Ensemble n’a pas réussi à peser suffisamment, à être une force de proposition pour permettre de trouver une issue à la crise du Front de gauche.

Le Front de Gauche, au niveau national, est actuellement fortement paralysé du fait de l’absence de stratégie commune pour la présidentielle. Pour autant, la discussion n’est pas close, dans le PCF comme dans le PG. Nous ne nous résignons pas à cette division du Front de gauche, à l’image des citoyen-nes et militant-es qui l’ont exprimé récemment, notamment celles et ceux qui avaient créé localement des assemblées ou des collectifs qui leur ont permis d’agir et de réfléchir ensemble. Il est essentiel de ne pas tirer un trait sur les acquis de ce qu’a représenté le Front de gauche, il constitue une expérience de convergence qu’il faut développer et élargir. L’ « Humain d’abord » reste une référence, qui reste à enrichir et à actualiser, en termes d’élaboration collective d’un programme alternatif à gauche. Il faut transformer le Front de gauche pour qu’il devienne l’acteur d’un rassemblement plus large, populaire et citoyen. Il faut partir de ce qui existe pour engager aujourd’hui une nouvelle forme de rassemblement ou d’alliance, en travaillant avec d’autres partenaires de la gauche d’alternative, tenant compte des erreurs passées, permettant l’implication citoyenne et portant une stratégie cohérente. Le rassemblement du Front de Gauche et d’EELV, de Nouvelle Donne, de forces citoyennes a constitué des points d’appui positifs lors des élections départementales et régionales.

L’enjeu reste aujourd’hui, et à partir d’un bilan critique du Front de Gauche, de donner corps à une nouvelle coalition porteuse d’espoir, un rassemblement, une coalition ou un front d’une gauche de transformation sociale, populaire et citoyen, combinant présence de forces politiques et sociales et engagements citoyens dans des collectifs prenant part aux décisions essentielles. L’actuel mouvement social avec ses formes de mobilisation nouvelles appelle à renouveler les pratiques dans toutes les constructions politiques envisagées si on souhaite poser les jalons d’une nouvelle gauche. L’objectif stratégique présent à la création du Front de Gauche n’était pas de reconstituer une politique de type « gauche plurielle », mais de rassembler une alternative sans concessions au libéralisme et contester l’hégémonie du PS dans la gauche et son électorat, et gagner une majorité. Cet objectif reste le notre et ne peut être mis en œuvre sans reprendre cette démarche.

4) 2017 : le rassemblement d’une alternative de gauche est possible !

Pour 2017, notre objectif est que toutes les forces de gauche (partis, courants, mouvements, collectifs citoyens, réseaux, en particulier liés à Nuit Debout…) opposées à la politique gouvernementale s’unissent et se rassemblent autour d’un projet et de candidat-es commun-nes à la présidentielle et aux législatives.

La force du mouvement social ouvre des possibilités nouvelles pour reposer la question d’une alternative politique. C’est une chance pour déjouer le piège du tripartisme entre la droite, le Front National et la gauche de Valls et Hollande. Nous voulons favoriser dans les mobilisations l’expression de leur potentiel politique. Ce mouvement a notamment reposé la question de l’initiative citoyenne et populaire et celle de la construction d’une réelle politique de gauche qui soit majoritaire dans la rue et dans les urnes. Ce qui est en jeu de manière encore plus urgente aujourd’hui, c’est l’élaboration d’une politique alternative qui batte durablement la droite et l’extrême droite et la politique gouvernementale. Cette alternative doit être portée par une dynamique large, unitaire et démocratique rassemblant les forces de la gauche de transformation sociale et écologique. Nous voulons rassembler le Front de Gauche, la France insoumise, EELV, les socialistes critiques, Nouvelle Donne, le NPA, les organisations et militants des mouvements sociaux, les forces citoyennes, dès maintenant dans les mobilisations comme en 2017, autour d’un programme et de candidatures de rupture.

Un rassemblement pour une alternative sociale, écologique et démocratique en développant les propositions suivantes (cf. document publié par Ensemble mesures d’urgence pour rassembler une alternative) :

  • pour en finir avec l’austérité́ et contre la casse du Code du Travail,
  • pour le partage du travail et des richesses,
  • pour le développement de l’économie sociale et solidaire,
  • pour développer de façon écologique des productions industrielles et agricoles qui assurent la préservation de notre environnement
  • pour l’engagement de la transition énergétique et l’arrêt des grands projets inutiles,
  • pour l’accès de tou-te-s aux droits fondamentaux (santé, logement…),
  • pour un véritable pouvoir de décision des citoyen-nes dans une 6ème République,
  • contre le racisme, le sexisme, l’homophobie et toutes les formes de discriminations,
  • contre les replis nationalistes, la fermeture des frontières et les logiques de guerre,
  • pour une autre Europe émancipée de la domination des marchés financiers, des banques et des multinationales, en rupture avec les traités qui l’organisent (Maastricht, Lisbonne, TAFTA…),
  • pour l’accueil des réfugié-es, pour la paix dans la justice et le respect des droits des peuples, pour la coopération et la solidarité́ internationale.

Un rassemblement populaire et citoyen, ouvert et dynamique, qui soit porteur d’un nouvel espoir face à une gauche de droite, à une droite réactionnaire et libérale et à un Front National toujours plus menaçant. Un rassemblement dont le mouvement social en cours contre la loi travail renforce le besoin. En même temps qu’il le reconfigure avec l’émergence d’une nouvelle génération militante demandeuse d’innovation politique, de démocratie directe, d’horizontalité et d’auto-organisation. Et que s’y manifeste un désir de convergence des luttes et de jonction entre leurs différent-es animateurs-trices (syndicats, associations, assemblées Nuit Debout…) qui le nourrit et l’actualise.

Une volonté d’union pour une alternative à gauche s’affirme avec l’ « appel des 100 » initié avec des militant-es syndicalistes, associatifs-tives et politiques. Cela représente un point d’appui durable important pour avancer que nous travaillons à consolider et à amplifier pour contribuer à construire une base programmatique pour le changement politique par les luttes et les élections.

Ensemble ! mettra tout en œuvre pour que ce rassemblement se concrétise pour 2017 et les années qui suivront où le bilan de faillite du gouvernement Hollande Valls et l’extrémisation de la droite, après des décennies de néo-libéralisme, appelleront de profondes restructurations des forces qui combattent pour l’émancipation. Aussi, tous les choix engagés pour les élections de 2017 doivent partir de cette question : favorisent-ils cette reconstruction indispensable ?

Notre objectif est de créer un rassemblement d’un type nouveau, qui réponde aux aspirations qui se sont exprimées dans le mouvement social, profondément pluraliste, démocratique, horizontal, refusant la personnalisation des débats, et qui ne vise pas à se construire autour d’un seul courant ou d’une seule force politique. C’est un véritable mouvement populaire et citoyen qu’il nous faut viser.

Pour la Présidentielle, Ensemble défend une candidature de large rassemblement et ne se résigne pas à la dispersion des forces. Une proposition de candidature, critique du gouvernement, mais qui ne se situe pas dans une logique de rupture avec le libéralisme et de confrontation avec le patronat et la finance ne peut constituer une alternative.

Nous voulons que cette candidature résulte d’une construction collective impliquant toutes les forces concernées. Elle peut être celle de Jean Luc Mélenchon, seul candidat déclaré à ce jour, ou d’un-e autre candidat-e qui pourrait permettre de rassembler largement.

La proposition de candidature de Jean Luc Mélenchon a rencontré un large écho populaire et entraîne une dynamique militante. Mais le mouvement « La France insoumise » ne rassemble à ce jour qu’une partie des forces disponibles pour une alternative. Avec la mobilisation contre la loi travail, le mouvement des Nuits Debout, c’est un mouvement horizontal, pluraliste et démocratique, qui ne construise pas autour d’une seule force politique, dont il faut poser les bases.

Nous regrettons que cette candidature n’ait pas pu être discutée collectivement avec les formations du Front de Gauche, mais il existe un socle commun constitué par l’Humain D’abord.

Ensemble propose à Jean Luc Mélenchon et aux forces de la France insoumise d’engager des discussions sur les échéances présidentielles et législatives de 2017. Nous voulons débattre de la nature du rassemblement à construire, du programme à défendre et de voir comment sa candidature pourrait s’inscrire dans un cadre commun. Pour cela, Ensemble rencontrera dès juin 2016 Jean Luc Mélenchon et les forces de la France insoumise pour débattre de ces enjeux.

Dans le même temps, nous rencontrons toutes les forces concernées (Front de Gauche, EELV, Nouvelle Donne, NPA, socialistes en rupture avec le gouvernement, animateurs-trices du combat contre la loi travail…).

Pour les élections législatives, nous nous fixons comme objectif de réunir partout où c’est possible des candidatures communes de l’ensemble des forces de la gauche de transformation sociale. Il est possible de construire une plate-forme commune qui, sur cette base, permette d’engager le débat dans des circonscriptions et d’envisager des candidatures communes ou un soutien réciproque dans les circonscriptions et d’assurer l’élection de député-e-s vraiment à gauche. La division doit être évitée à tout prix pour éviter une nouvelle dégradation des rapports de force.

Nous proposons à tous d’organiser à la fin de l’année des assises de la transformation sociale et écologiste rassemblant toutes celles et tous ceux qui veulent affirmer leur opposition aux politiques austéritaires et sécuritaires menées alternativement par la droite et le Parti Socialiste.

Pour la présidentielle et les législatives, nous défendrons dans nos discussions avec ces partenaires :

  • que des groupes de base citoyens jouissant d’une grande autonomie soient constitués pour mener la campagne,
  • que des mécanismes démocratiques, à inventer en grande partie, soient mis en œuvre pour que ces groupes de base citoyens soient partie prenante de l’orientation et de l’organisation des campagnes présidentielle et législatives (réunions locales et nationales de ces groupes, modes de délégation),
  • Qu’une méthode soit décidée pour constituer un socle commun programmatique
  • que la campagne doit être nationalement et régionalement conduite par une équipe représentative des sensibilités politiques et des groupes de base citoyens ayant décidé́ de s’y associer, autour d’un porte-parolat collectif,
  • avec des méthodes répondant aux exigences démocratiques telles qu’elles s’expriment aujourd’hui dans le mouvement social (Nuit Debout, etc…).

Un Collectif National les 1er et 2 octobre 2016 fera le bilan de ces objectifs et décidera des modalités de poursuite du débat dans Ensemble (aboutissement d’un consensus, nouvelle consultation des adhérent-es).

Texte adopté le 12 juin 2016 par l’Assemblée Générale d’Ensemble!

Communiqué d’Ensemble ! – Valls dégage, la loi travail on n’en veut pas.

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300 000 personnes ont manifesté le 26 mai pour le retrait de la loi travail à l’appel de l’intersyndicale et des organisations de jeunesse. C’est un succès.

« Ensemble! » dénonce les violences policières et les arrestations arbitraires qui ont eu lieu aujourd’hui à Paris et dans plusieurs villes.

La montée en puissance des blocages, des barrages, de la grève dans des secteurs névralgiques de l’économie, comme les raffineries, les dépôts de carburant, les ports, les transports, les centrales nucléaires et thermiques fracture la cohésion gouvernementale.

En cause, l’article 2, celui qui est la charpente du texte de loi puisqu’il institue l’inversion des normes et donc le dumping social.

Bruno Le Roux et Michel Sapin qui envisageaient une réécriture de cet article 2 ont tous les deux été sèchement recadrés par M. Valls, droit dans ses bottes, comme A. Juppé en 1995.

Ni retrait, ni réécriture dit M. Valls de façon péremptoire, tout en rajoutant qu’il peut y avoir des modifications, sans savoir lesquelles.

Malgré les incessants reportages dans les médias sur les automobilistes à la recherche d’essence, majoritairement l’opinion publique, selon un dernier sondage, est contre la loi travail et fait porter sur le gouvernement la responsabilité des blocages.

Ce gouvernement est en pleine déroute et bloque par son entêtement toute solution à la crise sociale et politique en cours.

La généralisation des grèves et blocages, la convergence des luttes, la jonction entre Nuits debout et salariéEs : tout cela doit continuer et s’amplifier jusqu’au retrait de la loi travail.

Nous voulons un code du travail protecteur des droits des salariéEs pour le 21e siècle, pas d’un retour au 19e.

Valls doit démissionner et la loi travail être retirée.

Le 26 mai 2016.

Législative partielle – Déclaration de Philippe Pellegrini et Florence Ciaravola

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5ème circonscription des Alpes Maritimes

Un Front de gauche en progrès, un rassemblement à élargir encore

Ce dimanche une part significative des électeurs et des électrices de la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes ont fait le choix de l’abstention.

Cela traduit une forte défiance de nos concitoyen-ne-s à l’égard d’une démocratie représentative qui les représente de moins en moins et où, réforme après réforme, les populations sont éloignées des centres de décisions.

Dans ce contexte, le Front National enregistre un score significatif. Les responsables de ces résultats du FN portent une lourde responsabilité.

– Les leaders de LR qui, à l’image d’E. Ciotti et de C. Estrosi, n’ont cessé de banaliser les thèmes de prédilection du FN (l’insécurité, la stigmatisation des immigré-e-s, des privé-e-s d’emploi, des salarié-e-s et des retraité-e-s…), dans l’espoir d’en capter l’électorat.

– Le gouvernement pour n’avoir fait que creuser la désespérance sociale.

Malgré cette situation, le Front de gauche enregistre une nette progression sur tous les derniers scrutins.

Nous remercions les électeurs et les électrices qui nous ont apporté leur suffrage et qui ont fait le choix du progrès social, de l’implication citoyenne et féministe, et de la transition écologique. Nous les invitons, ainsi que celles et ceux qui veulent construire l’espoir, à s’investir dès à présent, pour demain, avec nous et à élargir encore, dans une démarche citoyenne, le rassemblement qui a permis dans ce scrutin l’expression de l’alternative à gauche et de l’écologie au cœur.

Philippe Pellegrini et Florence Ciaravola

Candidat-e-s du Front de gauche

Grèce/Europe : Impasses et questions stratégiques – Contretemps n°29 – avril 2016

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Par Bruno Della Sudda, Arthur Leduc, Richard Neuville*

Cet Article a été publié dans la revue ContreTemps n°29, avril 2016, p.128-137.

Á l’aune du désastre du 13 juillet et des résultats électoraux du 20 septembre, était-il justifié de tant espérer après la retentissante victoire électorale de Syriza en janvier 2015 ? Pour nous, c’est oui.

Et si l’on doit retenir un seul élément de justification d’une telle réponse, c’est bien la victoire éclatante du Non au référendum du 5 juillet, qui avait suscité mépris et effroi parmi les élites des pays membres de l’UE. Lire la suite

Communiqué d’Ensemble ! 06 – Toutes et tous ensemble, debout pour exiger le retrait de la loi travail

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70% de la population rejette ce projet de loi mais Hollande et Valls s’obstinent, n’entendent pas leur gauche et refusent de le retirer.

Le gouvernement tente de désamorcer la mobilisation avec quelques rectifications.

Mais le fond du projet reste le même : l’inversion des normes en faveur de l’accord d’entreprise, la banalisation des licenciements économiques, la démolition du code du travail et des éléments de protection des salarié-e-s face au patronat ; un avenir fait de précarité généralisée pour toutes et tous, en particulier pour les jeunes !

Aux journées de grève et aux manifestations, ont succédé les Nuits debout qui rassemblent dans un nombre grandissant de villes, à Nice et partout en France des centaines ou des milliers de participant-e-s.

Ainsi, non seulement le mouvement enclenché le mois dernier tient bon malgré les manœuvres de diversion, mais il s’élargit et s’approfondit.

A l’exigence de retrait de la loi travail s’ajoute la volonté de se réapproprier les places publiques et d’exiger une démocratie réelle comme à Tunis et au Caire en 2011 puis à Barcelone, à Madrid, à Athènes et ailleurs dans le monde.

C’est le refus de la résignation et le signe de la volonté de prendre ses affaires en mains, de l’aspiration à l’auto-organisation et à l’autogestion qui complètent parfaitement les mobilisations pour la justice climatique et pour les droits des femmes, les mobilisations de solidarité internationale et pour une alternative aux désastreuses politiques d’austérité.

Maintenant, toutes les conditions sont réunies pour inverser le rapport de forces et pour gagner le retrait de la loi travail : comme en mai-juin 1936, en mai 1968 ou à l’automne 1995, le blocage du pays par la grève générale est à portée de mains si les assemblées générales sur les lieux de travail décident de la grève reconductible.

L’alternative à la loi travail, c’est un code du travail qui retrouve sa fonction de protection du monde du travail face à la pression patronale, c’est la réduction massive du temps de travail à 32h par semaine, sans baisse de salaire et avec embauches correspondantes : du temps pour vivre, du travail pour toutes et tous, dans la continuité de l’histoire du mouvement ouvrier.

Reprenons confiance et espoir, toutes et tous ensemble, debout, nous pouvons gagner !

Tract d’Ensemble ! 06 – Mobilisons nous jusqu’au retrait de la loi travail !

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Loi Travail tract 06 – 24 mars16-03-24-2-affiches-webLa pétition #LoiTravailNonMerci a dépassé le million de signatures. Le 9 mars, nous étions 500 000 dans les rues pour exiger le retrait de cette loi. Le 17 mars, la jeunesse s’est de nouveau mobilisée. Amplifions la mobilisation, jusqu’à la grande journée interprofessionnelle du 31 mars, pour stopper le gouvernement.

Dans la lignée des contre-réformes libérales précédentes, ce projet prétend, de façon mensongère et grotesque, que faciliter les licenciements permettra de créer des emplois, alors que toutes les précédentes mesures de ce type partout dans le monde ont abouti à aggraver le chômage et la précarité !
Le projet de loi El Khomri n’est qu’une arme de guerre contre l’emploi, contre le monde du travail, contre la jeunesse.
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Déclaration politique d’Ensemble ! – 20 mars 2016

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Les mobilisations contre le projet de loi El Khomri et contre l’état d’urgence viennent renforcer ce constat : tous les éléments d’une crise politique majeure se mettent en place. La popularité de l’exécutif s’effondre à nouveau. Les fractures au sein de la majorité gouvernementale n’ont jamais été aussi fortes. La mise en mouvement de différents secteurs sociaux et la conjonction de différents fronts de mobilisation peut bousculer la donne. Beaucoup de choses vont se jouer dans les prochaines semaines. Sur plusieurs questions majeures, il apparaît aujourd’hui possible de mettre en échec les projets gouvernementaux et de démontrer que la mobilisation collective est essentielle pour défendre nos droits. Ces évolutions vont reposer de façon nouvelle la question d’une alternative politique de gauche et écologiste dans le pays.

Le bras de fer engagé contre le projet de casse du Code du travail cristallise un mécontentement profond contre la politique du gouvernement, la précarité, la dégradation des conditions de travail et l’arbitraire patronal. La mobilisation a pris des formes multiples à travers des initiatives particulières qui ont rencontré un écho considérable (pétitions en ligne, mobilisation du 9 mars…). Plusieurs secteurs, dans la jeunesse, dans les services publics se sont mis en mouvement. Nous sommes au début d’une bataille de grande ampleur, l’examen du projet de loi à l’Assemblée et au Sénat étant prévu en mai et juin. C’est un vaste mouvement enraciné dans les quartiers, sur les lieux de travail, dans les lycées et les universités, capable de mettre en mouvement une majorité du salariat et de la jeunesse, qu’il faut construire. La journée du 9 mars confirme qu’un tournant est pris dans la contestation du gouvernement, par les exigences et les mobilisations sociales et par la critique directe de l’exécutif. Notre mouvement Ensemble doit être à la hauteur de cette situation nouvelle et faire preuve de réactivité, tout autant qu’être en capacité d’initiatives.

La mobilisation contre le projet de réforme constitutionnelle et la déchéance de nationalité constitue la deuxième question décisive du moment présent. Si le gouvernement a réussi à obtenir une majorité des 3/5ème à l’assemblée nationale, le sénat a adopté une autre version du projet de loi ce qui remet en cause son adoption par le Congrès. Il est nécessaire de poursuivre, dans le cadre des différents collectifs unitaires auxquels Ensemble participe, la large bataille d’opinion et de mobilisation pour mettre en échec ce dangereux projet. S’il est nécessaire de se donner les moyens d’assurer la sûreté publique et de prévenir de nouveaux attentats, cela passe par un renforcement des services publics et une lutte résolue contre les inégalités et les discriminations, et non par la mise en place d’un état d’urgence permanent qui a suscité une stigmatisation massive des musulman(e)s et une criminalisation accrue des mouvements sociaux. Il est également nécessaire de s’opposer à la réforme du droit pénal et de la procédure pénale, qui introduisent dans le droit commun certaines des règles particulières de l’état d’urgence (perquisitions de nuit), et redéfinissent les règles de la légitime défense au profit de forces de police déjà portées à en abuser.

Les succès des manifestations contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et pour l’interdiction des gaz de schistes à Barjac témoignent également du changement de climat politique et du regain de la combativité qui s’exprime aujourd’hui. L’annonce par François Hollande d’un référendum sur la construction de l’aéroport de NDDL, sans précision sur le déroulement de celui-ci, n’a nullement atténué la montée en puissance de cette mobilisation inédite qui rassemble très largement milieux populaires, paysans, zadistes, organisations politiques, syndicales, associatives et autres contre ce Grand Projet Inutile et Imposé. Après les mobilisations de la COP 21, c’est une nouvelle démonstration de l’enjeu majeur des luttes écologistes aujourd’hui, qui se développent à des échelles locales en portant des enjeux globaux.

La conjonction de ces différentes mobilisations et du rejet du gouvernement peut ouvrir une véritable crise politique dans les prochains mois. Dans cette situation la position du premier Ministre qui s’est particulièrement mis en avant sur ces différents dossiers, peut cristalliser la montée d’un mécontentement qui prend une dimension politique. L’hypothèse de la démission de Manuel Valls peut devenir un enjeu du bras de fer en cours comme symbole du refus de la politique qu’il représente.

Ce changement du climat politique et social dans le pays démontre qu’il existe bien toujours une gauche, une gauche qui se bat au quotidien contre les régressions sociales et autoritaires, une gauche qui rassemble des centaines de milliers d’hommes et de femme qui aspirent à une autre vision de la société que celle portée par le gouvernement de François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron. Cette gauche vivante existe parmi les nombreux-ses citoyen(ne)s, militant(e)s associatifs, syndicalistes qui ne renoncent pas à changer le monde. Elle se retrouve dans les forces du front de Gauche, dans celles d’Europe Écologie Les Verts, de Nouvelle Donne, de la gauche du PS ou d’autres secteurs de la gauche radicale. Aucun courant politique ne peut à lui seul la représenter. Plus que jamais il est nécessaire de travailler à construire des fronts, des alliances, permettant de faire vivre le pluralisme et la diversité de la gauche sociale et écologiste et mettant en son cœur une véritable participation citoyenne.

L’enjeu de la construction d’une alternative politique au gouvernement est toujours devant nous. Les expériences tentées en 2015 à travers les élections départementales, les élections régionales, les initiatives communes dans les mobilisations ont constitué des premières étapes mais n’ont pas permis de faire émerger une véritable proposition politique nouvelle. La situation nouvelle résultant des mobilisations contre la loi Travail permet de poser différemment la construction du rassemblement commun, et de passer du rejet de la politique gouvernementale à un projet positif construit et porté en commun. Il est possible de s’appuyer sur les exigences fortes portées par les luttes actuelles pour indiquer les premiers repères d’une autre politique, ainsi que les acteurs et actrices qui peuvent contribuer à la construire :

  • Ne pas se résigner à la division du Front de gauche. L’appel « Rallumer l’étincelle » exprime le refus de la disparition de ce cadre de rassemblement.
  • Proposer à chaque échéance du mouvement que les forces du FDG se regroupent, construisent un pôle commun et du matériel commun (tract…), voire des cortèges communs si les conditions s’y prêtent.
  • Proposer que le Front de gauche et ses organisations s’adressent aux autres forces de gauche opposées à la loi Travail (EELV, Nouvelle Donne, forces socialistes), mais aussi à des acteurs et actrices des luttes (syndicalistes, jeunes, associatifs…) pour élargir le plus possible ce pôle commun de refus de la loi. Là aussi des formes d’expression communes peuvent être débattues pour les forces politiques (banderoles, cortèges, mots d’ordre communs, etc). Avec des syndicalistes, des associatifs, des jeunes, des citoyen(ne)s intéressés, il est possible d’organiser des débats publics, d’élaborer des mesures d’urgences sociales.
  • Pour nourrir ces initiatives, nous devons également multiplier les initiatives propres d’Ensemble (réunions publiques, initiatives de débats…) pour contribuer porter publiquement les propositions que nous portons

Ces propositions nées de la situation nouvelle peuvent changer la donne pour les échéances politiques à venir. Nous devons tout faire pour que cela soit le cas, d’autant qu’un échec du gouvernement est possible, ouvrant la voie à une crise gouvernementale rapprochée. La question d’une inversion du calendrier institutionnel est plus que jamais posée.

Mais indépendamment de cette hypothèse qui serait la plus favorable, les échéances présidentielles et législatives de 2017 posent un défi redoutable. Deux pièges sont devant nous : d’une part l’éparpillement et la division des forces qui défendent une alternative opposée à la politique du gouvernement, d’autre part la subordination à la politique que mène le Parti Socialiste au gouvernement au nom de « l’unité de la gauche ». L’élection présidentielle va en effet se jouer dans un contexte inédit. La tripartition du paysage politique résultant de la progression de l’influence et de l’implantation du Front National ne doit pas permettre à Hollande et Valls d’imposer l’idée qu’eux et leur politique incarneraient la gauche. L’enjeu est de réaliser un nouveau rassemblement à gauche et avec les écologistes avec des candidatures communes en 2017, pour remobiliser les électeurs et électrices, les abstentionnistes qui rejettent les politiques menées, pour combattre la résignation devant des victoires si vite annoncées de la droite et du FN, et pour assurer pour l’avenir l’existence dans le pays d’une gauche alternative porteuse d’une logique de transformation sociale et écologique.

Ensemble est déterminé à poursuivre le travail de rassemblement des forces de gauche et écologistes opposées à la politique du gouvernement de Hollande et Valls. Aujourd’hui, diverses propositions de « primaires » de « rassemblements » de « débats » existent à gauche. Pour le mouvement « Ensemble! », tout cadre visant à construire un nouveau rassemblement doit se situer dans la redéfinition d’une alternative de gauche opposée à la politique du gouvernement. Il faut réaffirmer qu’il ne peut être envisagé une primaire derrière les candidats et les orientations libérales du gouvernement Valls-Hollande que la majorité du Parti Socialiste soutient. Dans cette limite, il est légitime que le débat se poursuive.

L’urgence est de reprendre le débat sur le projet politique, le socle partagé, qu’il faut défendre dans ces échéances. Cela ne peut esquiver le bilan de la politique du pouvoir actuel car la première tâche d’une alternative politique sera de reconstruire les droits sociaux, écologiques, démocratiques que le gouvernement est en train de démanteler. D’autant qu’en 2017, se tiendront aussi des élections législatives, et il s’agit de forger un rassemblement, une coalition, qui postulera à former une nouvelle majorité capable de prendre les mesures nécessaires pour sortir des crises actuelles et de montrer qu’une transformation sociale est possible. Dans chaque circonscription, il faudra engager cette dynamique unitaire entre les forces politiques, les acteurs, actrices, les représentant(e)s des mouvements sociaux, pour conduire à des candidatures collectives autour d’une plate-forme politique partagée. Simultanément au débat sur le projet, nous voulons agir pour la construction d’un processus politique qui permette à la fois la convergence de toutes les forces disponibles et l’intervention citoyenne, l’élaboration collective du projet et la désignation des candidat(e)s pouvant se faire à travers des larges votations citoyennes, de primaires, ou de tout autre moyen qui permette d’aboutir à l’unité et à la mise en mouvement de forces très larges. Il faut donc trouver les moyens de construire ce processus collectif, qui place en son cœur la participation populaire.

C’est la première étape pour aboutir pour les élections présidentielles et législatives de 2017 à des candidatures de large rassemblement, pluralistes et collectives, de toutes celles et ceux qui contestent à gauche la politique gouvernementale, qui veulent engager notre pays dans une voie nouvelle en rupture avec le néolibéralisme et le productivisme, et enrayer la menace de droite et d’extrême-droite. Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature. D’autres peuvent s’annoncer. Si elles sont chacune auto proclamées sans souci de rassembler toutes les forces prêtes à l’alternative, si chacun lance un « mouvement » autour de lui et cultive sa spécificité, nous manquerons au devoir d’unité, et au devoir d’implication du mouvement social et citoyen, a un moment politique ou nous pouvons, si nous nous rassemblons, mettre en minorité le social libéralisme de Hollande, et reconstruire une gauche de résistance au FN et à la droite.

Nous refusons les discours qui veulent tirer un trait sur l’expérience du Front de Gauche. Malgré ses limites, il constitue une expérience de convergence qu’il faut redévelopper et élargir pour contribuer à construire le rassemblement. Il faut aujourd’hui accélérer la construction des convergences. Elles doivent se faire avec l’ensemble des forces du Front de Gauche, et pas autour d’une de ses composantes, quelle qu’elle soit. Elles sont possibles avec Europe Écologie Les Verts et Nouvelle Donne qui refusent de soutenir la politique de François Hollande, et qui peuvent converger avec le Front de gauche et tous ceux et toutes celles qui souhaitent ce rassemblement. Elles sont possibles aussi avec les forces de la gauche du Parti socialiste qui le veulent, comme avec les autres forces de la gauche radicale qui voudraient s’y associer. Elles sont également possibles avec des forces syndicales et associatives. C’est d’autant plus nécessaire que la mise en mouvement des salariés et de la jeunesse contre la loi « travail » peut bouleverser la donne et fournir une énergie qui ne se satisfera pas de constructions politiques étriquées. Ce sont les jalons d’une nouvelle gauche qu’il faut construire.

Ensemble portera cette démarche dans les prochains mois à l’échelle locale comme à l’échelle nationale. Un point d’étape et un bilan de cette démarche seront réalisés à l’occasion de l’Assemblée Générale d’Ensemble des 12 et 13 juin 2016.

Déclaration adoptée au Collectif National d’Ensemble ! le 20 mars 2016.

 

Indignés face au libéralisme, ne laissons pas la politique se faire sans nous.

Acteurs et actrices des luttes, forces de gauche et écologistes, réunissons des « Forums citoyens pour une alternative »

Les débats se développent à gauche, et deux impératifs s’imposent : permettre que la force et les contenus de l’actuel mouvement social investissent le terrain de l’alternative politique, et travailler à un rassemblement des forces de gauches et des écologistes qui veulent sortir de l’impasse des politiques libérales menées par le gouvernement.

Les exigences qui s’expriment dans les manifestations contre la loi Travail, dans les organisations syndicales et sociales, dans les initiatives pétitionnaires et les réseaux sociaux impliqués dans le mouvement, participent de la fondation du « socle commun » nécessaire pour un rassemblement. Le mouvement de contestation se manifeste sur plusieurs terrains : pour une véritable transition écologique après la COP 21, contre les Grands Projets Inutiles et Imposés dont l’aéroport de Notre-Dame des Landes, contre la réforme constitutionnelle, pour refuser la politique austéritaire de l’Union Européenne et sa fermeture aux migrant(e)s et réfugié(e)s. Le mouvement se « globalise » dans une « indignation » contre toutes les politiques du libéralisme, et chemine en parallèle avec des exigences de démocratie et d’égalité. La gauche sociale et politique est là, présente dans la mobilisation sociale, elle réunit aussi bien des mouvements sociaux que des forces politiques de gauche et des écologistes. Si elle se retrouve en opposition à la politique du gouvernement, elle doit se donner les moyens de formuler en positif le contenu d’une autre politique.  Cette gauche, doit pouvoir donner naissance à une offre politique nouvelle, postuler à une autre majorité dans les élections à venir, capable de porter une politique de rupture avec le libéralisme et le productivisme  et de faire reculer la droite et le Front National.

Pour éviter que chacune des forces politiques situées en alternative à la politique actuelle joue sa propre partition et que notre espace commun se disperse, il est indispensable de réussir un rassemblement à même de faire reculer la droite et le FN,  en rupture avec la politique gouvernementale soutenue par la majorité du PS.

Ensemble fait une proposition : que soit mis sur pieds, dans les localités ou les départements,  des « Forums pour une alternative » qui impulsent, en parallèle au mouvement social actuel, l’échange et l’élaboration de solutions politiques communes. L’objectif est de réunir des actrices et acteurs locaux du mouvement social dans sa diversité : les militant(e)s syndicaux, associatifs ; les organisations du mouvement socio-politique issu de l’immigration et les forces de gauches et écologistes, de la gauche radicale, qui se côtoient dans ce mouvement et le soutiennent. Ce rassemblement populaire est possible en respectant l’autonomie des organisations sociales vis-à-vis des partis et en impliquant leurs propositions sur le terrain des solutions politiques.

L’objectif est de réunir localement, sans ultimatum et sans idée de ralliement de l’un à l’autre, les forces du Front de gauche, des écologistes, des socialistes, qui sont prêts à débattre d’une issue pour construire une alternative aux  politiques libérale menées par le gouvernement. Il s’agira de créer des lieux d’action et de débats, de se nourrir des mobilisations en cours et en retour de nourrir celles-ci de propositions politiques, législatives, aboutissant à l’élaboration d’une plate-forme commune. Dans un deuxième temps se posera la question de candidatures communes aux élections de 2017,  pour porter les mesures politiques de rupture qu’une nouvelle majorité mettrait en œuvre.

Nous faisons cette proposition et à tous ceux qui, dans le mouvement social, ne veulent pas que la parole politique et les solutions s’élaborent sans eux et sans leur force collective et au Front de gauche, qui doit retrouver une capacité d’initiative et de rassemblement, à chacune de ses composantes, aux forces de gauches et écologistes qui partagent la recherche d’une telle convergence,.

Nous nous adressons à toutes les forces, quelle que soit leur position sur la participation ou non à l’organisation d’une « primaire » pour la présidentielle, sous la forme d’une Lettre ouverte, aux actrices et acteurs des mouvements sociaux, aux citoyen(ne)s, aux forces de gauche et écologiste (Europe Ecologie, PCF, PG, Nouvelle Donne, socialistes critiques…), qui s’opposent à la politique du gouvernement mais souhaitent en même temps des candidatures unitaires d’une nouvelle gauche en 2017. Ensemble prendra aussi ses propres initiatives pour témoigner que nous sommes candidats à l’élaboration d’une politique antilibérale, et pour aider au rassemblement et au pluralisme nécessaire afin qu’une force dynamique et porteuse d’espoir soit capable d’agir dans la crise politique actuelle.

Motion adoptée au Collectif National d’Ensemble ! le 20 mars 2016.

« Primaires » : propositions d’Ensemble! pour une alternative.

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Les forces de gauche et écologistes qui ne renoncent pas à construire une alternative sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Le projet de loi El Khomri de réforme du droit du travail témoigne du démantèlement systématique des droits sociaux que François Hollande et Manuel Valls sont déterminés à mettre en œuvre jusqu’au bout du quinquennat. De la déchéance de la nationalité aux droits sociaux nous subissons une politique de destruction générale.

Cette politique nourrit le désespoir et fait le jeu du Front National. Elle prépare le retour d’une droite revancharde et agressive. Les élections présidentielles et législatives de 2017 sont enfermées dans le scénario catastrophe d’une tripartition du paysage politique entre le FN, la droite et la gauche Hollande-Valls. Il est essentiel de sortir de ce piège et de rassembler tous ceux qui à gauche et dans le peuple aspirent à une alternative de progrès, écologique, sociale et solidaire.

C’est l’objectif que défend le mouvement « Ensemble! ». La première étape pour rendre possible ce rassemblement pour une alternative est de travailler à un socle politique partagé défendant des grandes exigences de rupture avec le libéralisme et le productivisme. Depuis plusieurs mois, « Ensemble! » a soumis au débat public des propositions pour contribuer à cette construction commune (https://www.ensemble-fdg.org/content/un-document-densemble-sortir-de-lausterite-sortir-de-la-crise-cest-possible)

La direction du Parti Socialiste, déterminée à empêcher l’émergence d’une alternative à sa politique, prétend « rassembler la gauche », en refusant de parler du bilan du gouvernement Hollande. Mais la question du bilan du quinquennat qui vient de s’écouler est incontournable car la première tâche d’une alternative politique sera d’annuler des décisions et de faire des choix afin de reconstruire les droits sociaux, écologiques, démocratiques que François Hollande et Manuel Valls sont encore en train de démanteler.

Il n’y a pas d’ambiguïté à entretenir sur ce point. Diverses initiatives de « primaires » de « rassemblements » de « débats » existent à gauche. Pour le mouvement « Ensemble! », il ne peut y avoir de cadre commun pour construire un rassemblement s’il ne se situe pas en opposition avec la politique menée par Hollande et Valls. Il n’y a plus de temps à perdre. Il faut discuter publiquement, au niveau local et national des propositions autour desquelles un processus de rassemblement serait possible.

« Ensemble! » propose que toutes les forces du Front de Gauche, Europe Écologie, Nouvelle Donne, la gauche du PS, les forces sociales qui veulent construire une alternative, se rassemblent au plus vite pour ouvrir ces discussions sur une politique qui rejette celle de l’actuel gouvernement et pour déterminer une démarche commune.

Le 20 février 2016.

Stratégies des mouvements et projet d’émancipation – Gus Massiah

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Article rédigé pour Le Monde Diplomatique, Brésil, Janvier 2016

Nous sommes dans une période de grands bouleversements et de très fortes incertitudes. Nous vivons probablement un changement de période dans lequel se crispent les anciennes tendances et s’amorcent de nouvelles. La citation de Gramsci est d’une grande actualité « le vieux monde se meurt ; le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Il faut à la fois lutter contre les monstres et construire le nouveau monde. Il n’y a pas de fatalité, ni dans le succès, ni dans l’échec. Lire la suite